Comment un entrepôt arabe est devenu un magasin parisien, une poudrière, puis le magazine que vous lisez. Appuyez sur ▶ pour écouter chaque étape.
Ce mot n’est pas indo-européen : il vient de la famille sémitique. La racine arabe kh-z-n veut dire stocker, garder en sûreté.
Elle a donné khazna, le trésor.
Un makhzan (pluriel makhāzin) était un entrepôt, rempli de marchandises arrivées par bateau ou par caravane.
Les marchands de la Méditerranée ont emporté le mot en Italie, magazzino (un entrepôt), et en France, magasin, qui veut aujourd’hui dire une boutique. L’anglais a pris magazine vers 1580, pour un entrepôt.
Bientôt, l’entrepôt le plus important fut celui de la poudre et des armes : une powder magazine, une poudrière.
Aujourd’hui encore, la partie d’une arme qui contient les balles s’appelle le magazine (le chargeur ; en français aussi, le magasin).
En 1731, un éditeur londonien appela son recueil mensuel d’articles The Gentleman’s Magazine : un entrepôt de nouvelles, de poèmes et d’histoires. C’était le premier magazine.
Aujourd’hui, un magazine est une publication, papier ou en ligne, pleine d’articles et d’images.
| magasin (français) | une boutique |
| almacén (espagnol) | un magasin, de al-makhzan |
| Makhzen (Maroc) | le pouvoir royal, « le trésor » |
Le français a les deux : un magasin (la boutique, le vieil entrepôt) et un magazine, repris à l’anglais pour la publication.
« Un magazine est un entrepôt d’histoires. »