Comment le bruit de pattes qui pataugent dans la boue est devenu des soldats faisant la ronde du camp la nuit, puis une patrouille de police. Appuyez sur ▶ pour écouter chaque étape.
Ce mot n’a pas de grande racine ancienne. Il commence sans doute par un bruit : pat-pat, le bruit des pattes ou des pieds sur le sol.
Dans le latin parlé en Gaule, *pauta voulait dire patte. C’est devenu le français patte.
De patte, l’ancien français a fait le verbe patouiller : barboter dans la boue, éclabousser avec ses pattes, comme un chien dans une flaque.
Le français a toujours patauger.
Au XVIe siècle, les soldats qui faisaient le tour du camp la nuit pour le garder pataugeaient dans la boue toute la nuit. Leur ronde s’appelait la patrouille, et la faire, patrouiller.
L’anglais a pris patrol vers 1660 : la ronde des soldats autour du camp, et le petit groupe qui la fait.
Exemples : a night patrol
(une patrouille de nuit), to be on patrol
(être en patrouille), to patrol the border
(surveiller la frontière).
Aujourd’hui, la police, les garde-côtes et les gardes forestiers patrouillent dans les rues, sur les plages et dans les forêts.
Exemples : a patrol car
(une voiture de patrouille), a beach patrol
(une surveillance de plage), et chez les scouts, une patrol
est une petite équipe.
| patrolman | un policier en patrouille (américain) |
| patrouille, patrouiller | le même mot en français |
| patauger | barboter |
Derrière patrouille, il y a patte : une patrouille, c’est d’abord « beaucoup de pattes boueuses ».
« Une patrouille, ce sont des pattes boueuses qui font le tour du camp. »